Sont tous vieux! prise #2

Albert Camus, dans L’ÉTÉ, a formulé, bien avant moi, et de façon plus élégante, il me semble, le constat du passage implacable  du temps :

Le soir dans les cafés violemment éclairés où je me réfugiais, je lisais mon âge sur des visages que je reconnaissais sans pouvoir les nommer. Je savais seulement que ceux-là avaient été jeunes avec moi, et qu’ils ne l’étaient plus.

Un frère que je ne connaissais pas.

Sont tous vieux!

Ils sont presque tous devenus vieux. Mes idoles, mes glorieux. Eux que j’avais érigés en monuments fiers et beaux. Des vieillards. Même Jean Béliveau. Ce qui n’annonce rien de bon pour l’avenir, le mien et le vôtre aussi.

Les autres, ceux qui n’ont pas été frappés de vieillesse, sont morts.Certains l’ont choisi ainsi.  La plupart non. Fauchés, bien avant le temps, par une machine, aveugle et dévastatrice, qui n’a cesse de nous rappeler qu’on est bien peu de choses, comme le dit si bien le cliché.
N’oublions pas. Pansons nos plaies. Tâchons d’en profiter.
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